L'épopée des cow-boys noirs, invisibilisés par les westerns

Nicolas Méra - Slate FR - 30/06
Durant la conquête de l'Ouest américain, un cow-boy sur quatre était afro-américain. Une réalité blanchie par Hollywood et le petit écran.

John Wayne, Clint Eastwood, Lucky Luke, John Marston… La pop culture regorge de cow-boys caucasiens. Mâchonnant une cigarette sans filtre, ils trucident des autochtones hérissés de plumes ou dégainent sans ménagement sur des bandidos mexicains. Revisitée à la sauce Hollywood, la conquête de l'Ouest a pour têtes d'affiche des héros pâles et intrépides. Toutes les autres ethnies leur servent, au mieux, de serviteurs dociles et, au pire, de cibles.

Dans les faits, pourtant, le portrait-robot du cow-boy n'a rien du western spaghetti. Le bétail américain a été importé au Mexique par les vaqueros espagnols dès le XVIe siècle: les premiers cow-boys «officiels» de l'histoire états-unienne étaient donc hispaniques. Plus tard, s'épuisant dans les ranchs, menant des troupeaux sur des centaines de kilomètres ou domestiquant des chevaux sauvages à la force du lasso, entre 5.000 et 9.000 cow-boys (sur les 35.000 qui rôdent aux États-Unis entre 1866 et 1895) sont afro-américains. Soit près d'un quart des effectifs totaux.

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