La France pourrait être le prochain test des fondations de l'euro

Leigh Thomas - Reuters - 26/06
"Parce que c'est la France", c'est ainsi que Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, expliquait la décision de Bruxelles en 2016 de donner une marge de manœuvre au grand membre fondateur de l'Union européenne sur les règles budgétaires du bloc.
  • La France connaît des déficits élevés depuis 25 ans
  • L’UE semble adopter une position plus dure envers le gouvernement d’extrême droite
  • La France voit ses projets de dépenses modérer lors des négociations avec l'UE
FRANCFORT/PARIS, 26 juin (Reuters) - "Parce que c'est la France", c'est ainsi que Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, expliquait la décision de Bruxelles en 2016 de donner une marge de manœuvre au grand membre fondateur de l'Union européenne sur le terrain. règles budgétaires du bloc.
Cette patience a persisté alors même que l’UE subissait une crise de la dette souveraine qui a failli faire sombrer l’euro et contraint des pays plus petits et plus endettés comme la Grèce et le Portugal à adopter des mesures d’austérité drastiques.
Mais toute indulgence envers l'exception française pourrait prendre fin si les élections anticipées en France produisent à Paris un gouvernement eurosceptique d'extrême droite qui pourrait tendre les liens avec les autres capitales européennes et mettre à l'épreuve les fondements mêmes du projet de l'euro.
Le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen insiste sur le fait qu'il ne ferait pas exploser le budget français. Mais des questions persistent quant à la manière dont elle financerait des plans de dépenses coûteux dans le cadre des nouvelles règles budgétaires de la zone euro et si la Banque centrale européenne pourrait intervenir pour aider si les marchés financiers se retournaient contre la France.
"Si un pays peut simplement ignorer les règles et être aidé par la banque centrale, il y aura beaucoup de doutes sur la valeur future de l'euro et sur la cohésion future de l'euro", a déclaré Holger Schmieding, économiste à Berenberg.
De telles préoccupations ne figurent pas à l'ordre du jour officiel du sommet européen de jeudi. Mais avec le RN en tête des sondages lors des deux tours qui débuteront le 30 juin, ils ne manqueront pas d'occuper l'esprit des collègues dirigeants du président Emmanuel Macron.
De hauts responsables du gouvernement allemand se sont déclarés consternés par la décision surprise de Macron de convoquer des élections qui pourraient ouvrir la voie à un gouvernement dirigé par le RN. Certains l'ont comparé au pari malheureux de l'ancien Premier ministre britannique David Cameron sur un référendum sur le Brexit.
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