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Avec cette mesure du RN, « on nous dit qu’il y a des bons et des mauvais Français »
Aïda Djoupa - Huffpost FR -
25/06
Alors que le RN propose dans son programme d’interdire l’accès à certains métiers aux Français binationaux, trois d’entre eux ont témoigné de leurs craintes auprès du HuffPost.
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP « Qu’est-ce qui nous garantit que cette mesure ne sera pas élargie petit à petit à d’autres métiers ? À partir du moment où l’État bascule dans des principes qui ne sont pas républicains, qu’est-ce qui se passe ? »
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
« Qu’est-ce qui nous garantit que cette mesure ne sera pas élargie petit à petit à d’autres métiers ? À partir du moment où l’État bascule dans des principes qui ne sont pas républicains, qu’est-ce qui se passe ? »
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES - « En somme, on nous dit qu’il y a des bons et des mauvais Français, des vrais et des faux ». Baya est franco-algérienne et quand elle a entendu la promesse de la campagne du Rassemblement National d’interdire certains « emplois sensibles » aux binationaux, elle raconte avoir « ri jaune ».
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Elle n’est pas la seule que cette proposition du parti d’extrême droite, qui ne concernerait « que quelques dizaines d’emplois très sensibles » assure Marine Le Pen, a fait réagir. Quel message cette annonce envoie-t-elle aux binationaux de France ? Trois d’entre eux ont pris le temps de l’expliquer au HuffPost.
Une vision essentialisante
Baya est née en France et a acquis la nationalité algérienne sur le tard, pour régler des questions administratives et familiales au pays de son père. Elle déplore l’idéologie qui, selon elle, accompagne cet engagement du parti à la flamme : « écarter et rejeter les personnes qu’on considère comme étrangères, alors même qu’elles ont la nationalité française. »
Walid, franco-marocain de 38 ans, y voit quant à lui une forme d’essentialisation. « Qu’est-ce qui distingue une personne qui n’a que la nationalité française et qui est susceptible de collusion avec, disons, la Russie, de quelqu’un qui a une double nationalité, si ce n’est une vision essentialisante ? », soupire le reporter et documentariste. Pour lui, porter cette mesure revient à ouvrir une brèche dans une République qui considère tous ses ressortissants comme égaux en droit. « Même si on disait : seuls les binationaux d’un pays spécifique n’ont pas le droit d’accéder à un seul métier, ça reviendrait à faire une liste et à créer deux catégories de Français. » Dans le post Instagram ci-dessous, il a exprimé son désarroi.
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