6 mai 2002. Lionel Jospin, battu à l'élection présidentielle, cède sa place à Matignon à Jean-Pierre Raffarin. La prise de poste du sénateur UMP marque la fin de la troisième période de cohabitation. La dernière, sans doute, pensait-on à l'époque. Et pour cause, depuis 2000 et le passage au quinquennat, les élections législatives suivent d'à peine quelques semaines le scrutin présidentiel. Or, les chances de voir le peuple français se dédire un mois et demi après son dernier choix sont particulièrement faibles.
Mais il restait un impondérable potentiel: la possibilité offerte au président de la République de dissoudre l'Assemblée nationale, grâce à l'article 12 de la Constitution. En 1997, Jacques Chirac avait choisi de redonner le choix aux Français malgré une chambre basse parlementaire acquise à sa politique. Le 9 juin, après les élections européennes, Emmanuel Macron l'a imité. Disruptif, celui que ses détracteurs surnomment volontiers «Jupiter» a fait parler la foudre. À l'issue des prochaines élections législatives anticipées (29-30 juin, 6-7 juillet), la France pourrait donc rentrer dans une nouvelle période de cohabitation, avec toutes les interrogations qui l'accompagnent. Un coup d'œil dans le rétroviseur permet de comprendre ce qui peut attendre notre pays.
Il faut tout d'abord comprendre que la cohabitation n'est pas directement inscrite dans la Constitution. En effet, l'article 8 de la norme fondamentale laisse au chef de l'État le choix total dans la nomination de son Premier ministre. Seulement, un gouvernement non issu de la majorité parlementaire risque d'être censuré plus facilement par l'Assemblée nationale. Pour cette raison, il semble plus judicieux de nommer une équipe ministérielle issue du parti vainqueur des élections législatives.
Mais en 1986, ce cas de figure n'a encore jamais eu lieu sous la Ve République, la droite ayant remporté tous les scrutins nationaux jusqu'en 1981. La victoire de François Mitterrand, et l'espoir d'une nouvelle ère pour la France, suscite l'enthousiasme chez les électeurs de gauche. Mais les belles promesses du programme économique vont faire long feu. Sur la seule année 1981, l'inflation att...
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