Un monde hyperdisponible

Marc Boucher - Le Devoir - 22/06
En détruisant la nature du monde pour accéder à sa disponibilité sans fin, l’être humain s’atrophie.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

Environ 16 milliards de pieds humains foulent maintenant la surface de notre planète. Dans le passé, notre curiosité et notre intelligence se sont alliées à nos mains qui ont commencé par s’agripper aux branches d’arbres et à saisir des fruits, et qui sont aujourd’hui capables de jouer Chopin, de faire du pain, de caresser l’être aimé, mais capables aussi de brandir une arme et de recueillir nos larmes.

Après environ trois milliards d’années d’évolution de la vie sur Terre, ce « succès », d’un point de vue évolutionniste, nous montre maintenant qu’il n’est pas nécessairement synonyme d’harmonie planétaire.

Empruntant à la « théorie critique » de l’école de Francfort, fondée, entre autres, par Theodor Adorno, Walter Benjamin et Herbert Marcuse, il est aujourd’hui plus que pertinent d’en utiliser la vocation première : mettre à jour les formes possibles de l’émancipation humaine, tout en analysant les effets négatifs de la progression du capitalisme et de la raison instrumentale.

Accompa...
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