Sur le front ukrainien, la situation semble de nouveau bloquée. Après l'échec de la contre-offensive de Kiev à l'été 2023, puis l'enlisement et la nouvelle offensive russe dans la région de Kharkiv (nord-est de l'Ukraine), il semblerait que nous soyons repartis pour un nouveau statu quo. Alors que la Russie attendait l'épuisement de son adversaire en hommes et en matériel, le Congrès des États-Unis a voté le retour d'une aide militaire de 61 milliards de dollars, le 20 avril. De plus, le président Volodymyr Zelensky a abaissé l'âge de la conscription de 27 à 25 ans et le Parlement ukrainien a validé le fait que l'armée puisse avoir recours, sous certaines conditions, à des prisonniers.
Au même moment, la président russe Vladimir Poutine procédait au remaniement de l'establishment politico-militaire. Le 12 mai, le ministre de la Défense Sergueï Choïgou a été remplacé par Andreï Belooussov et muté au poste de secrétaire du Conseil de sécurité. Dans un jeu de chaises musicales, Nikolaï Patrouchev (ancien secrétaire du Conseil de sécurité de Russie) et Alexeï Dioumine (nouveau secrétaire du Conseil d'État) deviennent les conseillers particuliers du président. Tandis que, pour l'heure, Valeri Guerassimov reste le chef d'état-major des forces armées russes.
Bien que le budget consacré à la défense ne cesse d'augmenter, tous attendent une réforme fiscale visant à accroître les recettes de l'État russe de façon à financer l'effort de guerre. Le message du «remaniement» est clair: pour gagner sur le temps long, il faut préparer la Russie à l'économie de guerre. Or, cette guerre en Ukraine, Vladimir Poutine ne peut la gagner. Il n'en a pas les moyens économiques.
Le prix humain d'abord. Si les estimations varient beaucoup, des chiffres oscillant entre 300.000 et 450.000 soldats russes morts ou blessés (dont au moins 50.000 soldats tués et identifiés) depuis le début du conflit so...
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