Covid-19 : l'immunité pourrait durer de zéro jour... à des décennies, selon les cas

Céline Deluzarche - Futura Sciences - 24/03
La quantité d’anticorps neutralisants développés par les patients après une infection au SARS-CoV-2 est terriblement variable au fil du temps et selon les personnes. Certains ne vont quasiment...

La quantité d'anticorps neutralisants développés par les patients après une infection au SARS-CoV-2 est terriblement variable au fil du temps et selon les personnes. Certains ne vont quasiment jamais en produire, tandis que d'autres voient leur réponse immunitaire se renforcer au fur et à mesure. Un futur casse-tête pour identifier qui aura besoin d'un rappel de vaccin.

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Combien de temps est-on protégé après avoir été infecté par le coronavirus ? Quelques semaines ? Quelques mois ? Ou bien plusieurs décennies ? Impossible pour l'instant d'avoir une certitude, l'épidémie ayant débuté que depuis un peu plus d'un an. Une récente étude parue dans Science estime que la mémoire immunitaire (anticorps neutralisants, lymphocytes B et T) est présente jusqu'à huit mois après l'infection. Une autre étude américaine avait, elle, suggéré que cette mémoire immunitaire pourrait durer « des années » (voir notre précédent article, ci-dessous).

Voir aussiCoronavirus : entre 2 et 8 % des patients infectés ne développent jamais d'anticorps

En réalité, la réponse est : cela dépend des personnes. Des chercheurs de la Duke-NUS Medical School de Singapour ont ainsi constaté des variations stupéfiantes dans la vitesse à laquelle diminuent les anticorps : chez certains patients, il n'en reste plus au bout de quelques jours, tandis que chez d'autres, ils pourraient perdurer pendant « des décennies ». L'équipe a suivi 164 patients à Singapour pendant six à neuf mois après leur infection au SARS-CoV-2. Ils ont analysé leur sang pour mesurer la quantité d'anticorps neutralisants et de lymphocytes T, puis ont construit un algorithme afin de prédire les trajectoires des niveaux d'anticorps au fil du temps.

De 0 à 14.881 jours

Les patients ont ensuite été répartis en cinq groupes en fonction de la cinétique de leurs anticorps :

  • le premier groupe (11,6 % des patients), appelé groupe « négatif », n'a jamais développé d'anticorps neutralisants détectables ;
  • le groupe à « déclin rapide » (26,8 %) présente des niveaux précoces d'anticorps mais diminuant rapidement ;
  • le groupe « lent déclinant » (29 %) conserve des anticorps jusqu'à six mois, mais déclinant assez vite ;
  • le groupe « persistant » (31,7 %) affiche une relative stabilité du niveau d'anticorps jusqu'à 180 jours ;
  • le groupe à « réponse retardée » (1,8 %) montre une augmentation marquée des anticorps neutralisants pendant la ...
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