Avec les chasseurs inuits, sur la banquise de glace et de fonte

Martinique France Antilles - 17/06
Sur la banquise, Hjelmer Hammeken a repéré un phoque annelé près de son trou de glace. Camouflé en blanc, il avance à pas lents dans la neige, s'allonge, attend. Quand il tape des pieds, le phoque lève la tête, il tire.

Dans ce paysage lunaire, la bête est immédiatement dépecée. Hjelmer avale un bout de foie cru encore chaud. La récompense du chasseur.

La scène est banale du côté d'Ittoqqortoormiit, près du détroit de Scoresby, le plus grand fjord du monde sur la côte est du Groenland, aux confins de l'Arctique.

Dans ce bourg de 350 habitants aux maisons colorées, tous les hommes chassent - l'ours s'ils sont professionnels, le phoque, le narval ou le bœuf musqué s'ils sont amateurs. C'est un mode de vie ancestral qui se transmet de génération en génération.

Mais depuis une vingtaine d'années, le changement climatique et les quotas mettent peu à peu en péril une tradition qui assure la survie alimentaire et financière des familles inuites.

Pour capter leur quotidien, une journaliste télé et un photographe de l'AFP ont vécu pendant plusieurs jours fin avril avec des chasseurs professionnels d'Ittoqqortoormiit.

Hjelmer Hammeken, 66 ans, la légende, témoin du changement climatique

Quand il arrive en traîneau à chiens sur la banquise à la limite avec la mer, Hjelmer impose le respect. C'est le plus grand chasseur d'ours polaires du Groenland: 319 tués en cinquante ans, sept cette année.

Sa réputation ...
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