Montres : non, la Suisse n’a pas inventé l’horlogerie mécanique

L'Express - 14/06
Si le berceau des montres mécaniques est bien européen, ce n’est pas chez les Helvètes que leur histoire a débuté.

"La Suisse n’a pas fondé l’horlogerie mécanique", rappelle Pascal Ravessoud, vice-président de la Fondation de la Haute Horlogerie (FHH). En déplacement à Paris pour présenter les activités de la FHH Academy autour de l’éducation et de la connaissance horlogères, l’équipe genevoise de la FHH a posé pour L’Express le cadre du contexte historique. "Les débuts de l’horlogerie mécanique en Europe datent du XIIIe siècle, avec l’essor des horloges monumentales. On en trouve de premières traces en France, mais aussi en Italie, en Allemagne et dans tous les pays européens dotés d’un pouvoir stable." Emmanuel Schneider, directeur du contenu à la FHH, ajoute : "Nous ne connaissons ni le berceau ni l’inventeur de l’horloge mécanique à poids moteur, ancêtre de l’horlogerie mécanique contemporaine."

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Et la Suisse, dans tout cela ? Pour comprendre le rôle qu’elle occupe aujourd’hui dans ce secteur, il faut remonter au milieu du XVIe siècle. A cette époque, la Réforme de Jean Calvin bannit les objets d’apparat, notamment les bijoux, qui étaient alors largement fabriqués en Suisse. Les joailliers se retrouvent au chômage technique. Parallèlement, un grand nombre de protestants, persécutés en Europe, viennent se réfugier sur place. La conjonction de ces deux événements va favoriser le développement de l’horlogerie locale. "A l’époque, les échanges et le partage des différentes techniques étaient courants. Surtout, les horlogers voyageaient beaucoup, raconte Pascal Ravessoud. Il y avait alors une certaine perméabilité des frontières."

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Aurélie Streit, vi...
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