Françoise Hardy, décédée d'un cancer à l'âge de 80 ans, est devenue célèbre au sein de la génération yé-yé française, la collision transatlantique et transmanche enjouée entre la chanson française et le rock'n'roll américain qui a également produit Johnny Hallyday et France Gall. Mais dès le début, il y avait quelque chose qui la distinguait : une nostalgie, une introspection sentimentale, un équilibre qui démentait une timidité et une insécurité de toute une vie. Icône des années 60, aussi grande, pendant un certain temps, à Londres qu'à Paris, Hardy était, à bien des égards, l'antithèse de cette décennie agitée et révolutionnaire.
Contrairement à ses contemporains, lorsqu’elle chantait l’amour, il s’agissait de « souffrance et frustration, d’illusion et de désillusion ; questionnement misérable, profond, sans fin ». Ses chansons, raconte-t-elle au Monde, étaient un exutoire nécessaire : « J’ai écrit sur mon expérience… Une belle mélodie mélancolique est ce qui transcende le mieux la douleur. »
Les hommes tombèrent en masse sous son charme timide. Mick Jagger a décrit Hardy comme sa « femme idéale ». David Bowie, « passionnément amoureux » depuis des années, la courtisait en coulisses, en robe de chambre et pantoufles brodées. En 1964, la pochette d’Another Side of Bob Dylan contenait un poème entier « pour Françoise Hardy/au bord de la seine ». (Deux ans plus tard, après un concert au music-hall Olympia de Paris, Dylan invite la chanteuse à une soirée dans sa suite du George V, l'un des plus grands hôtels de la cap...
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