Tout a commencé en septembre dernier, dans la paisible banlieue parisienne de Bercy – du moins, à notre connaissance. Une femme appelée Nawal s'est plainte sur les réseaux sociaux d'avoir été couverte de piqûres de punaises de lit après avoir regardé un film dans un cinéma local. Son message a amené le propriétaire du cinéma à s’excuser et à déployer des « mesures d’urgence » pour contenir l’infestation dans ses sièges.
Mais les piqûres de punaises de lit de Nawal sont devenues virales, tout comme de nombreux messages d’autres Parisiens revendiquant les mêmes blessures. Très vite, la France entière semble envahie par les microbes – dans les foyers et dans les transports en commun – et l’hystérie s’étend rapidement outre-Manche.
Eurostar a nettoyé en profondeur ses wagons, paniqué à l'idée que les insectes pourraient arriver à Londres ; les compagnies aériennes ont été invitées à être en état d'alerte et à autoriser l'immobilisation au sol des avions soupçonnés de transporter ces passagers indésirables.
Aujourd’hui, les autorités françaises prétendent que ce fléau n’a tout simplement jamais eu lieu, du moins pas à l’ampleur que nous croyions tous.
L’eurodéputée Valérie Hayer a déclaré le mois dernier que cette fureur était le résultat d’une « ingérence du Kremlin », et le secrétaire d’État français chargé des Affaires européennes, Jean-Noël Barrot, a déclaré aux journalistes en mars que le problème « était très largement amplifié par des récits liés au Kremlin ».