Ibrahima Aya : « Penser un texte en français, c’est écrire de l’oralité »

Ibrahima Aya - LePoint - 27/09
POINT DE VUE. Écrivain malien, Ibrahima Aya a irrigué à sa façon les récents États généraux du livre en langue française dans le monde tenus à Tunis.

Les États généraux du livre en langue française dans le monde viennent de se tenir à Tunis, les 23 et 24 septembre exactement. Prévus à l’origine à l’automne 2020, en lien avec le Sommet des chefs d’État de la Francophonie, ils avaient été reportés. Ils ont donné lieu à plusieurs contributions, dont celle de l’écrivain malien et cofondateur des éditions Tombouctou, Ibrahima Aya. Il a mis en exergue plusieurs thèmes et préconisé la démarche pour mieux les valoriser.

Du bon voisinage

Nombre de pays africains, à l’instar du Mali, comptent plusieurs langues nationales et une langue officielle, le français. Les citoyens de ces pays sont pour la plupart plurilingues. Ce plurilinguisme « congénital » reste déterminant dans leur rapport à la langue française, à l’écriture et au livre. Et naturellement dans leur rapport aux deux fonctions sociales fondamentales que remplit la langue : la communication et l’identification.

Communiquer avec qui ?

L’auteur traite de la condition humaine. Il s’adresse à l’humanité, en commençant par celle de son environnement immédiat. Pour moi, la question fut double : comment raconter une histoire à un public malien multilingue dont la langue officielle est le français ? Et comment le faire dans un pays de grande oralité, qui a aussi une tradition d’écriture antérieure à sa r...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...