Un maire contre la mémoire et les espaces publics

Raúl Mendoza - La República - 02/06
Des lieux de rencontre. Depuis que Rafael López Aliaga a pris ses fonctions de maire de Lima, il a pris position contre l'existence de mémoriaux ou d'entités qui rappellent la période de violence que nous avons vécue entre les années 80-2000. Il veut changer l'histoire. Plusieurs maires de son parti, Renovación Popular, le soutiennent et se montrent à leur tour intolérants face à l'usage que la population donne aux espaces publics pour s'exprimer, se réunir ou protester.

En mars dernier, la municipalité de Lima a adressé une demande au ministère de la Culture demandant la démolition du mémorial El Ojo que Llora, situé à Campo de Marte, à Jesús María, et indiquant qu'elle envisageait d'y créer des « zones sportives ». Le monument a le statut de patrimoine culturel de la nation et ne peut faire l'objet d'aucune intervention ou destruction. Mais c'est toujours dans le viseur du maire Rafael López Aliaga. Ces mêmes jours, il publie sur son compte X un article intitulé : « The Crying Eye est une poubelle, pas un héritage culturel ».

Pour Jennie Dador, présidente de la Coordinatrice nationale des droits de l'homme, le maire de Lima a non seulement une attitude contraire mais aussi une attitude négationniste face à la période de violence qu'a connue le pays. The Crying Eye se souvient des victimes du terrorisme qui figurent dans le Registre national des victimes, géré par l'État péruvien. Ce n’est pas un monument aux terroristes, comme le disent les députés du Renouveau populaire et d’autres partis.

Réunion. Pique-nique de protestation à Miraflores, en raison de l'interdiction du maire d'utiliser l'espace public pour ces réunions. Photo : diffusion

« La mémoire historique est importante pour le pays et fait partie du droit à la vérité dont jouissent nos citoyens. Ces espaces de mémoire, qui peuvent être des monuments...
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