À Rivière-Salée, bon nombre d’habitants se sont sentis "lâchés, abandonnés"

Les nouvelles Caledoniennes - 01/06
Alors que les forces de l’ordre commencent à peine à reprendre la main sur Rivière-Salée, dernier quartier de Nouméa encore contrôlé par des émeutiers, certains riverains ne cachent ni leur colère, ni leur fatigue après dix-neuf jours à vivre dans le "bordel", si ce n’est la "peur". Pour autant, d’autres habitants soutiennent la colère de ces jeunes, "loin d’être tous des délinquants". Reportage.

"Ça devient trop dur de vivre ici". À 64 ans, Kenift est "fatigué" de ne plus dormir la nuit, "fatigué" de devoir marcher au moins 45 minutes pour aller faire quelques courses, "fatigué" de tout le "bordel", qui s’est emparé de son quartier depuis plus de deux semaines. En ce vendredi matin, si le calme semble de retour, notamment sur les nombreux barrages à devoir traverser pour se rendre au cœur de Rivière-Salée, l’ambiance, elle, reste pesante.

Dans ce secteur aux mains des émeutiers où bon nombre d’habitants ressentent un profond sentiment d’abandon de l’État, l’ensemble des enseignes de la zone commerciale, inaccessible en voiture, ont été pillées et détruites. Sans même parler des nombreuses voitures brûlées qui jonchent certaines rues et celles "volées" qui roulent notamment la nuit...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...