Exclusif : pour aider Airbus, Macron a pressé le Canada d’alléger les sanctions russes sur le titane

David Ljunggren - Reuters - 30/05
Le président français Emmanuel Macron est personnellement intervenu pour persuader le Premier ministre canadien Justin Trudeau d'accorder à Airbus et à d'autres entreprises aérospatiales un allègement des sanctions sur le titane russe, selon trois personnes proches du dossier.
  • Macron a appelé Trudeau au sujet des sanctions du Canada sur le titane russe
  • Le Canada a accordé des dérogations à Airbus après des pressions diplomatiques
  • Les sanctions sur le titane révèlent des risques plus larges liés aux minéraux critiques
OTTAWA/PARIS, 30 mai (Reuters) - Le président français Emmanuel Macron est intervenu personnellement pour persuader le Premier ministre canadien Justin Trudeau d'accorder à Airbus et à d'autres sociétés aérospatiales un allègement des sanctions sur le titane russe, selon trois personnes proches du dossier.
Cette demande sensible a été formulée lors d'un appel téléphonique entre les deux dirigeants en mars, quelques semaines après que le Canada a rompu les rangs avec ses alliés et imposé des sanctions sur le métal stratégique, alarmant la société française Airbus et d'autres qui dépendent toujours des approvisionnements russes dans des usines situées au Canada ou au Canada. autre part.
Une source proche du dirigeant français a déclaré que Macron avait fait un "effort important" pour convaincre Trudeau d'accorder une exemption aux entreprises européennes.
"De nombreux messages ont été transmis à tous les niveaux", a ajouté la source, faisant référence à une large pression diplomatique et industrielle.
Une source canadienne proche du dossier a déclaré que Macron avait soulevé le sujet lors d'un appel avec Trudeau le 29 mars, à la veille de la visite du Premier ministre français Gabriel Attal, qui avait également abordé la question lors de sa visite au Canada.
Au moins un autre gouvernement européen a également soutenu les efforts de lobbying, a indiqué une autre source.
Ottawa a d'abord tenu bon, mais a modifié en quelques jours sa politique en accordant des dérogations à Airbus et à d'autres. Cette baisse, rapportée pour la première fois par Reuters, a déclenché un conflit politique sur la politique de sanctions et a suscité des critiques de la part de l'ambassadeur d'Ukraine.
"Il n'a pas été facile d'obtenir la levée des sanctions. Je pense que si le gouvernement français ne les avait pas continuellement augmentées à ce niveau, nous aurions tenu bon", a déclaré la source canadienne.
Les bureaux des deux dirigeants ont refusé de commenter et Airbus a déclaré qu'il "se conformait à toutes les sanctions applicables liées à la Russie".
Les sources ont parlé sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.

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