Les images des récentes manifestations à l'Université de Columbia ont retenu l'attention du public américain : des étudiants scandant pour un État palestinien, « du fleuve à la mer » ; des militants installant un campement massif de tentes sur la pelouse du campus ; des occupants masqués prennent le contrôle de Hamilton Hall.
Pour certains, c’était le signe qu’un antisémitisme ancien s’était établi au sein de l’Ivy League. Pour d’autres, c’était du déjà-vu de 1968, lorsque les dernières manifestations de masse ont secoué le campus.
La présidente de Colombie, Minouche Shafik, a feint la surprise. Dans une déclaration aux étudiants, elle a exprimé sa « profonde tristesse » face au chaos sur le campus.
Mais pour quiconque a observé la Colombie au cours des dernières décennies, ce bouleversement ne devrait pas surprendre.
Derrière les images des manifestations sur les campus se cache une histoire plus profonde et plus troublante : la capture idéologique de l’université, qui a inexorablement poussé la Colombie vers ce moment.
La Colombie a cultivé pendant des décennies les conditions précises qui ont permis aux manifestations pro-Hamas de prospérer. L’université a construit d’immenses départements pour faire avancer le « postcolonialisme », a dépensé des centaines de millions de dollars pour « la diversité, l’équité et l’inclusion » et a glorifié l’activisme étudiant de type Nouvelle Gauche comme le telos de la vie universitaire.
Des termes comme ceux-ci peuvent paraître anodins, mais la réalité est sinistre.
Comme les manifestations l’ont révélé, la théorie postcoloniale est souvent une couverture académique pour l’antisémitisme, la DEI est souvent une méthode pour attiser les griefs raciaux et l’activisme étudiant peut devenir une justification de la violence et de la destruction.
L’université, fondée par charte royale en 1754 et grande institution américaine depuis plus de deux siècles, s’est égarée. Il faudra rendre des comptes avant de pouvoir retrouver son ancienne gloire.
La première partie de ce processus consiste à comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Pour ce faire, nous tenterons de découvrir les racines de l’Intifada en Colombie.
Le premier élément à l’origine des troubles actuels est l’idéologie.
La Colombie a longtemps été pionnière dans les approches théoriques – postcolonialisme, décolonisation et islamisme – qui ont façonné l’opinion progressiste sur les affaires du Tiers-Monde et du Moyen-Orient.
Ces systèmes de pensée appliquent le principe de base de la théorie critique – selon l...
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