Nos alter robots

Julie Roussil - Le Devoir - 25/05
Plus nous utiliserons les robots et plus il nous sera difficile d’entrer en relation avec les humains.

Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur marquant.

En me levant ce matin, alourdie par une migraine et quelques courbatures, je me traîne devant le miroir où je constate — ce qui est évident mais que je m’acharne à démentir — que ce corps est purement et simplement une machine qui vieillit, rouille et souffre.

Tout est clair à ce sujet ; la science a une explication à tout. C’est une affaire de gènes, de connexions entre neurones, voire de digestion, d’organes, d’hormones, d’os, de muscles, de peau, d’électricité, de chimie, de biologie.

Depuis l’arrivée des technologies médicales — radiographie, scanner, imagerie, etc. —, nous connaissons mieux ce corps et cet esprit qui y est associé. Le cerveau lui-même, pourtant d’une extrême complexité, dévoile peu à peu ses secrets. Je m’imagine d’ailleurs que quelques électrodes bien placées sur mon crâne ce matin pourraient percer le mystère de mes petits maux.

Peut-être les miracles de la pharmacologie pourraient-ils également me sauver de la décrépitude, sinon l’idée de subir une transformation en cyborg — créature mi-humaine mi-robot — me semble soudain une option attrayante. En effet, quel problème y a-t-il à remplacer de la ...
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