En coulisses, le film « The Substance », c’était « Apocalypse Now » !

Philippe Guedj - LePoint - 23/05
RÉCIT. Acclamé à Cannes, le film d’épouvante français avec Demi Moore a pourtant été accouché dans la douleur, dont un conflit majeur avec le studio Universal.

Coralie Fargeat rayonne. Toute de noire vêtue, elle enchaîne, en plein soleil, quelques interviews express sur la terrasse battue par les vents d'un palace cannois. L'avant-veille, son second long-métrage, The Substance, a fait pleuvoir des hectolitres de sang sur la Croisette et a même provoqué des malaises, ainsi qu'une sortie de salle précoce d'une poignée de festivaliers au cœur sensible.

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Les autres, ceux qui sont allés jusqu'au bout de ce pavé gore radicalement féministe, ont pour la plupart exulté, applaudissant comme un seul homme en fin de projection. Récit cauchemardesque d'une ex-gloire californienne de l'aérobic s'inoculant un mystérieux sérum pour donner vie à une version plus jeune d'elle-même, The Substance a mis le feu à Cannes.

Cent jours de tournage, un an et demi de gestation

« C'est un vrai bonheur », nous confie Coralie Fargeat, 48 ans, déjà remarquée en 2017 pour sa rage antipatriarcale et ses outrances stylistiques dans son controversé premier film, Revenge. À ses yeux, l'accueil retentissant de The Substance à Cannes couronne des années d'efforts acharnés pour mener à bon port ce paquebot zinzin, à bord duquel Demi Moore a sauté à pieds joints. « J'ai t...
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