Si la création de la nouvelle alliance Aukus –Australie, Royaume-Uni, États-Unis– représente un «coup dans le dos» porté à la France, une «trahison» impensable «entre alliés», l'annulation unilatérale par l'Australie du contrat d'achat de sous-marins français constitue, quant à elle, un camouflet pour la diplomatie française.
Mais cette annulation était-elle si inattendue? La réponse est non, et ce pour plusieurs raisons historiques, culturelles et diplomatiques.
Rappelons d'emblée les enjeux de ce fameux «contrat du siècle», dont l'accord de principe a été entériné entre Paris et Canberra en avril 2016, avant une signature officielle en décembre de la même année. Fer de lance de cette politique stratégique, la France devait doter l'Australie de sous-marins Barracuda à propulsion diesel-électrique pour un montant de 34 milliards d'euros, engageant Naval Group sur une durée de vingt-cinq ans.
Un sous-marin nucléaire d'attaque Suffren, du programme Barracuda, dans la rade de Brest (Finistère) le 13 juillet 2020. | Mikael Mazella / Naval Group / AFP
Il s'agissait pour la France de développer un partenariat clé avec la nation la plus importante du Pacifique Sud, partenariat qui aurait dû sceller une entente étroite et durable sur un demi-siècle, renforçant ainsi le maillage diplomatique, stratégique et militaire français dans un espace au cœur de toutes les convoitises.
Ce plan, à la fois judicieux –car il proposait une troisième voie diplomatique pour la région, libérée de l'étau sino-américain– et ambitieux –car il entendait donner...
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