Il était difficile de passer à côté de la nouvelle. Vendredi soir, peu avant minuit, un concert assourdissant de klaxons et de feux d’artifices a déferlé sur les principales artères des quartiers chrétiens de Beyrouth. De la place Sassine aux confins de Furn el-Chebbak, la fièvre verte s’est emparée de la capitale pour célébrer le grand retour de Sagesse, ou de Hekmeh c’est selon, en finale du championnat libanais depuis 2016. Une attente interminable pour ses innombrables supporters, dont les célébrations après la qualification aux dépens de Beirut Club en demi-finale, étaient dignes de celles d’un titre : « À la fin du match, j’ai eu les larmes aux yeux », avoue Anthony, originaire de Dekouané, supporter des Verts « depuis sa naissance ». « Nous ressentons énormément d’excitation et d’émotion après les saisons difficiles que nous avons traversées. Et le fait de retrouver Riyadi fait que cette finale aura une saveur particulière. »
De l’autre côté de la ville, en terres sunnites, ce sont au contraire les drapeaux jaune et bleu des « rijel de Manara », qui s’affichent en vitrine des cafés ou au bord des balcons. Au fond de sa boutique de vêtements sportifs qui borde l’avenue principale de Hamra, Malek est contraint de fouiller dans ses derniers stocks pour trouver le kit de Riyadi «en taille L» que demande un client : « Ça n’arrête pas ces derniers jours, tout le monde vient me demander des maillots pour la finale, y compris des fans de Hekmeh », assure-t-il. De quoi supposer que des supporteurs des deux bords se trouveraient d’un bout à l’autre de la capitale ?
« Deux Liban face à face » ?
Dans un sketch passé à la postérité, diffusé il y a huit ans dans Mafi Metlo sur la MTV en amont de la dernière finale entre les deux clubs, cette rivalité totémique é...
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