La finance verte est (pour le moment) une arnaque

Gérard Horny - Slate FR - 21/09
Le vert est à la mode, qu'il s'agisse de croissance ou de finance. Mais il y a un grand décalage entre les mots employés et la réalité. Cela pourrait changer s'il y avait une réelle volonté politique.

Nous vivons actuellement une période riche en paradoxes. Pas une semaine ne passe sans qu'une catastrophe naturelle –incendie, inondation, tempête tropicale– ne fasse la une des journaux et des informations télévisées. Si l'on excepte quelques irréductibles climato-sceptiques de moins en moins crédibles, l'idée d'un réchauffement climatique et d'une responsabilité de l'homme dans ce réchauffement est de plus en plus généralement admise.

Et pourtant, que se passe-t-il? Les émissions de gaz à effet de serre, loin d'être réduites, continuent d'augmenter dans le monde, le recul de 2020 dû à la pandémie risquant d'être largement compensé cette année, et le retour à la croissance semble être la première préoccupation des gouvernements, avec quelques aménagements verts à la marge. Tout le monde sait maintenant que la maison brûle et pourquoi, mais les comportements ne changent guère.

C'est notamment le cas dans la finance, ainsi que l'expliquent Alain Granjean, président de la Fondation Nicolas Hulot, et Julien Lefournier, lui-même ancien financier, dans leur ouvrage L'Illusion de la finance verte. Dès la préface de Gaël Giraud, économiste jésuite dont les positions radicales ont largement inspiré l'encyclique «Laudato Si'» du pape François, le ton est donné: «Non, en l'état actuel des choses, la finance de marché ne permet pas le financement de la reconstruction écologique sans laquelle nous continuerons de nous envoler vers +4 à +6°C d'augmentation de la tem...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...