ZURICH, 10 mai (Reuters) - Le prochain sommet de paix en Ukraine, apparemment la tentative la plus ambitieuse depuis des années de la part de la Suisse neutre de servir de médiateur dans un conflit majeur, montre au contraire comment les intérêts économiques et sécuritaires de la Suisse s'alignent de plus en plus sur ceux de l'Europe occidentale à propos de la Russie.
C’est le point de vue à la fois des partisans d’une coopération plus étroite avec les puissances occidentales et des opposants nationalistes qui affirment que la Suisse abandonne sa tradition neutre et devrait limiter la portée des interférences étrangères.
La Russie n'a pas été invitée aux négociations des 15 et 16 juin qui se dérouleront dans une station balnéaire près de la ville centrale de Lucerne, que la Suisse a accepté en janvier d'accueillir à la demande du président ukrainien Volodymyr Zelenskiy.
Plutôt que de mettre fin à la guerre, le sommet vise à atténuer les risques découlant de l'invasion de l'Ukraine par Moscou et de la tentative d'isolement de la Russie, selon des diplomates occidentaux et des experts suisses en politique étrangère.
"Il s'agira de consolider l'Ukraine plutôt que de jeter des ponts pour une paix immédiate", a déclaré Daniel Woker, ancien ambassadeur de Suisse en Australie, à Singapour et au Koweït.
Répondant à une demande de commentaires de Reuters, le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré que la neutralité de la Suisse était "constante" et ne serait pas modifiée par la conférence.
"Mais être neutre ne signifie pas être indifférent", ajoute le communiqué. "La Suisse condamne fermement l'agression russe contre l'Ukraine. En dehors du domaine militaire, le droit à la neutralité ne fait pas obstacle à la solidarité et au soutien à l'Ukraine et à son peuple."
La conférence, qui, selon la Suisse, devrait ouvrir la voie à un "futur processus de paix", se concentrera sur des questions d'intérêt mondial telles que la sécurité nucléaire, la liberté de navigation, la sécurité alimentaire et les questi...
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