C’est un ratio qui parle de lui-même, six femmes sur mille trente-huit titulaires ont été faites Compagnons de la Libération : Berty Albrecht, Laure Diebold, Marie Hackin, Simone Michel-Levy, Émilienne Moreau-Évrard et Marcelle Henry. Soit moins de 10 % des médaillés de la Résistance.
Pourtant, les femmes étaient présentes dans un grand nombre des branches de la résistance française, armées (Francs-Tireurs et Partisans, Mouvement de Libération Nationale…etc), ou non (« assistantes »). Qu’elles aient été reconnues ou soient restées anonymes, les femmes ont longtemps souffert d’un manque de reconnaissance pour leurs actions militantes.
Le 8 mai 1945 marquait la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe suite à la capitulation de l’Allemagne. En ce jour de commémoration, nous vous proposons de revenir sur l’histoire de huit d’entre elles.
Portrait de Lucie Aubrac en 1944.
Lucie Bernard naquit à Paris de parents paysans du Mâconnais. Elle traversa une enfance marquée par la Grande Guerre. Après le retour de son père, blessé, en 1917, la famille déménagea en Saône-et-Loire. Lucie aspirait à intégrer l’École normale d'institutrices des Batignolles à Paris, mais renonça à cause de la discipline de l'école qu'elle jugeait trop stricte. À Paris, elle vécut de petits boulots tout en militant aux Jeunesses communistes et entreprit des études d'histoire, réussissant brillamment à l'agrégation en 1938.
En 1939, elle épousa Raymond Samuel, ingénieur mobilisé. Après son évasion de captivité en 1940, le couple s'engagea dans la Résistance. Ils fondèrent notamment La dernière colonne et lancèrent le journal clandestin Libération en 1941. Malgré les arrestations et le danger, Lucie organisa des opérations pour libérer son mari et d'autres résistants. Fuyant la Gestapo, ils trouvèrent refuge à Londres en 1944, où Lucie donna naissance à leur fille Catherine.
Corinne Bouchoux, enseignante de Sciences Economiques et Sociales au lycée Auguste-et-Jean-Renoir à Angers et Docteure en histoire, l’a rencontré à l’occasion de la rédaction de Cette exigeante liberté en 1997. L’ouvrage retrace la vie de Lucie Aubrac sous forme d’entretiens, signé de son nom ainsi que de celui de Corinne Bouchoux. « Son message était sa totale confiance dans la jeunesse et elle avait tenu à achever notre ouvrage d’entretiens (1997) par la déclaration écrite par celui qui sera connu plus t...
[Courte citation de 8% de l'article original]