Cambadélis : « À cette étape, la gauche ne peut espérer l’emporter »

Emmanuel Berretta - LePoint - 18/09
ENTRETIEN. Alors que le PS se réunit en congrès, l’ancien premier secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis est l’invité de notre grand entretien politique du week-end.

On a connu Jean-Christophe Cambadélis plus optimiste sur l’avenir de la France. L’ancien premier secrétaire du Parti socialiste entrevoit une « crise de régime rampante » que les sondages ne parviennent pas à saisir. Selon lui, Emmanuel Macron et Marine Le Pen auraient tort de considérer que la présidentielle se jouera entre eux. Cambadélis, faute d’une primaire au PS où il aurait tenté sa chance, se range derrière Anne Hidalgo – qui, pour obtenir l’investiture socialiste, doit encore passer par des modalités sur lesquelles les délégués PS devront trancher ce week-end pour se départager d’éventuels concurrents, comme le maire du Mans Stéphane Le Foll. Mais que le paysage est sombre pour la gauche… Une analyse à lire dans notre grand entretien politique du week-end.

Le Point : Nous sommes à sept mois de la présidentielle et pour l’instant, les sondages indiquent toujours que Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont qualifiés au second tour. Qu’est-ce qui peut troubler ce face-à-face déjà vu en 2017 ?

Jean-Christophe Cambadélis : L’humeur des Français ! Sous le masque d’une apparente stabilité se cache la plus grande instabilité. La situation politique est plus volatile qu’on ne le dit, plus insaisissable qu’on le croit. La France se désespère. L’envie de rupture, de sécession, de protestation touche, quel que soit le sujet, un tiers des Français. L’abstentionnisme de masse se manifeste lors des élections. Une majorité de Français doutent de la démocratie et même des élections. Nous vivons une fracture démocratique qui est une crise de régime rampante. Les sondages sont incapables de mesurer cela. Ce fut le cas lors des régionales.

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