Un portrait hilarant et abrupt de Gabriele Münter, à la Tate Modern, montre un homme au visage rose à une table, les sourcils levés avec un franc étonnement. Ses yeux sont deux points bleus surpris. Il s’agit du peintre russe Alexej Jawlensky, et les contours noirs fermes de Münter s’enroulent affectueusement autour de la tête chauve de son ami, le long de sa veste en tweed et dans le petit théâtre d’objets sur la table, pour aboutir à un sandwich négligé.
Écouter (Portrait de Jawlensky) est le titre de ce tableau de 1909, mais Jawlensky n'absorbe pas la musique. Selon Münter, il écoute en fait son amant Vassily Kandinsky parler de ses théories spirituelles de l'art (inspirées de la théosophie, à laquelle il a toujours été attaché). En effet, Kandinsky s’exprime toujours, cette fois visible et au centre de la scène, dans le double portrait de Münter de 1912 avec la peintre Erma Bossi.
Kandinsky porte un short, des sandales et quelque chose qui ressemble à des jambières alors qu'il gesticule au-dessus de la table basse en direction de Bossi attentif. Ils se trouvent dans la maison de Münter à Murnau, au bord des Alpes bavaroises ; mais pas pour longtemps. Bientôt, la Première Guerre mondiale é...
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