"En 1974, j’avais 18 ans et débutais mes études universitaires à Lisbonne. Cependant, le 25 avril, je me trouvais à Porto, cherchant le calme familial pour réviser. Nous avons senti qu’un événement grave se produisait, et ma mère me conseillait de rester à l’intérieur". À 68 ans, Maria Gorete se met à partager ses récits. Nous l’avons rencontrée dans une des galeries municipales de la capitale portugaise. Ses yeux pétillent d’un éclat particulier lorsqu’elle se remémore les jours de chaos et d’extase qu’a connus le Portugal lors de la révolution des Œillets.
Interrogée sur ses projets pour le 50e anniversaire imminent, Maria s’anime : "Ça va être une journée mémorable ! Nous nous sommes donné rendez-vous avec 30 anciens camarades d’université pour fêter ça".
"Quant à moi, j’ai gardé une bouteille de porto de 1974. J’ai hâte de l’ouvrir ce 25 avril", confie Adozinda, une amie de Maria. À l’époque, elle avait 15 ans et vivait en Angola.
Les deux femmes admirent les clichés du photographe Eduardo Gageiro. Parmi ceux-ci, un défilé militaire, un soldat portugais enlevant un portrait du dictateur Salazar du quartier général de la PIDE (police secrète), et des jeunes en liesse autour d’un char d’assaut. Dans cette vaste galerie silencieuse de la Cordoaria nacional, une ancienne corderie sur les quais du Tage, on est replongé dans le passé, tandis qu’à l’extérieur, Lisbonne baigne dans une lumière et une chaleur presque estivales pur ce début du printemps.
Il y a 50 ans, la révolution des Oeillets mit fin à la dictature salazariste. António de Oliveira Salazar était devenu Premier ministre du Portugal en 1932. Il avait alors établit une dictature en limitant les libertés civiles, instaurant une censure stricte et réprimant toute opposition politique.
Salazar, malade, est remplacé par Marcelo Caetano en 1968. Caetano tente de moderniser le régime tout en conservant sa structure autoritaire et ...
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