Peut-on manger du soja sans risque? Le point sur les recommandations

Laure Dasinieres - Slate FR - 18/04
Le soja fait l'objet d'une certaine défiance. Mais les données scientifiques, elles, disent autre chose.

Légumineuse emblématique mais pas incontournable des alimentations végétales, le soja soulève de nombreuses inquiétudes du fait de sa teneur en isoflavones. La structure de ces substances ressemble à celle de l'estradiol, une hormone dite féminisante –d'où le terme «phyto-œstrogènes», régulièrement utilisé par abus de langage.

En France, on suspecte alors le soja de retarder la puberté, de nuire à la fertilité, de perturber les cycles menstruels, d'être responsable d'hypothyroïdie ou de causer des cancers du sein. Faut-il alors remiser tofu, tempeh, miso, lait végétal et autres protéines texturées dans le placard des aliments interdits, ou à tout le moins à consommer avec prudence et circonspection? Vraisemblablement pas.

Aux origines d'une défiance obsolète

«La suspicion à l'égard du soja est née dans les années 1950, en Australie, lorsque l'on s'est rendu compte que des brebis qui mangeaient beaucoup de trèfles, autre aliment riche en isoflavones, développaient des dérèglements hormonaux», explique le Dr Sébastien Demange, médecin généraliste et membre du conseil scientifique de l'Observatoire national des alimentations végétales (ONAV).

Il ajoute: «À partir de là, différentes expériences ont été menées sur des animaux et in vitro, montrant que le soja avait la possibilité d'interagir au niveau hormonal. Comme souvent en toxicolog...
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