Vénus Khoury-Ghata : ses superstitions, ses hantises et ses hommes

LOrientLeJour - 16/04
C’est l’histoire d’une femme qui a traversé les décennies. Des décennies de guerre, d’abandon, de mort. L’histoire d’une femme qui a traversé les villes, les continents, pour écrire, raconter,...

C’est l’histoire d’une femme qui a traversé les décennies. Des décennies de guerre, d’abandon, de mort. L’histoire d’une femme qui a traversé les villes, les continents, pour écrire, raconter, dénoncer, aller à la rencontre des gens. C’est l’histoire d’une femme qui a connu de grands succès et de grands drames. Cette femme, dont Paris a fait une grande écrivaine, a reçu, le 11 avril, l’une des plus hautes distinctions de l’État français : la médaille de grand officier de l’ordre national du Mérite, remise en personne par le président Emmanuel Macron. Avec toujours ce sentiment qui la harcèle : la culpabilité.

« Je ne fais que tomber », lâche-t-elle lors d’un entretien avec L’Orient-Le Jour. C’est peut-être pour payer le succès que j’ai eu pendant ma vie et que je ne méritais pas. » Des dizaines de romans, des dizaines de recueils de poésie, traduits dans des dizaines de langues. Des dizaines de prix littéraires, dont les prestigieux Apollinaire (pour Les Ombres et leurs cris, 1980), Goncourt (de poésie pour l’ensemble de son œuvre, 2011) et Renaudot (pour La Fiancée était à dos d’âne, 2015). Mais la grande dame de lettres ne se défait jamais de cette modestie qui la rend attachante. Comme si elle avait raté quelque chose.

Loin du Liban

Il y a tout d’abord ce sentiment de culpabil...
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