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Le monde du travail aurait tort d'éradiquer la bêtise
Gabriel Lomellini - Slate FR -
16/04
Les managers doivent aussi apprendre à valoriser celles et ceux qui ont eu l'intelligence, pour le bien de l'organisation, de ne pas suivre aveuglément les règles établies.
«Si la bêtise, vue du dedans, ne ressemblait à s'y méprendre au talent, si, vue du dehors, elle n'avait pas toutes les apparences du progrès, du génie, de l'espoir et de l'amélioration, personne ne voudrait être bête et il n'y aurait pas de bêtise. Tout au moins serait-il aisé de la combattre. Le malheur est qu'elle ait quelque chose de naturel et convaincant.»
Pour l'écrivain autrichien Robert Musil, qui a traité à maintes reprises de la question, la bêtise ne représentait rien de moins qu'une calamité affligeant les sociétés modernes. Le constat des chercheurs en gestion André Spicer, doyen et professeur de comportement organisationnel à la Bayes Business School, et Mats Alvesson, professeur suédois de sciences de gestion à l'université de Lund, dans un ouvrage qu'ils publient en 2012, est à peine plus réjouissant. Selon ces derniers, les organisations du travail contemporaines seraient atteintes de la fâcheuse tendance à produire autant de bêtise –si ce n'est plus– que de savoirs et de connaissances.
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Ce piquant paradoxe a valu d'ailleurs à l... [Courte citation de 8% de l'article original]
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