On les avait presque oubliés et pourtant, les radicaux de gauche sont toujours dans le paysage politique ! Imprégné d’une vieille tradition politique, laïque et républicaine, le Parti des radicaux de gauche (PRG) se demande s’il ne lancera pas, lui aussi, un candidat à l’élection présidentielle… Le fait est que ce parti dispose a minima des moyens politiques pour une telle aventure. Successeur de Michel Crépeau et de Jean-Michel Baylet, Guillaume Lacroix, 45 ans, est aujourd’hui président de ce parti qui rassemble de nombreux élus locaux. Il détaille, avec un certain franc-parler, sa vision politique. Interview.
Le Point : On assiste à une floraison de candidats à la présidentielle, notamment à gauche. Il ne manque finalement qu’un candidat aux couleurs du PRG…
Guillaume Lacroix : C’est le diagnostic que nous faisons aussi ! Nous avons appelé à une primaire l’année dernière, on nous a répondu que c’était une machine à perdre… Moi je crois que la machine à perdre tourne à plein régime en ce moment d’échauffement de la présidentielle. Cette période, c’est comme une course en sac, on joue à qui va tomber plus loin sans se rappeler qu’à la fin tout le monde tombe… C’est un problème lorsqu’on est attaché aux valeurs de la gauche. Si elle le voulait, la gauche pourrait répondre aux vulnérabilités du moment, mais elle semble plus préoccupée par son fanion que par le fait de répondre aux attentes des Français qui, eux, vivent des moments difficiles.
Nous ne nous entendrons jamais avec les docteurs de la loi de gauche.
Voulez-vous dire que la gauche serait trop préoccupée par le fait d’être de gauche ?
Une des grandes préoccupations de la gauche est effectivement de savoir si elle est de gauche… C’est une maladie infantile propagée par ceux qui décernent des brevets de gauchitude et qui n’arrivent pas à considérer que la gauche c’est un humanisme et que cela devrait se traduire aussi dans les actes. Jean-Denis Bredin, qui a été vice-président du parti, expliquait que notre dogme, c’est l’antidogme. Voilà pourquoi nous ne nous entendrons jamais avec les docteurs de la loi de gauche.
Votre parti a-t-il les moyens financiers, humains et politiques d’envoyer un candidat à la présidentielle ?
Nous avons les moyens en termes de grands électeurs, puisque nou...
[Courte citation de 8% de l'article original]