Les actions radicales des écolos sont plus populaires qu'on le pense

Simon Audebert - Slate FR - 15/04
Une enquête réalisée auprès de plus de 2.600 Français montre qu'une majorité considère acceptable de bloquer une entreprise polluante ou d'occuper une zone naturelle menacée.

«Écoterroriste», «khmers verts», «ayatollahs de l'écologie»… Les qualificatifs se sont multipliés ces dernières années pour condamner toute action des militants écologistes jugée trop radicale. Ce raidissement a atteint son apogée à l'issue de Sainte-Soline et de la tentative du gouvernement de dissoudre Les Soulèvements de la Terre.

Si cette dernière a été rejetée par le Conseil d'État, les critiques en impopularité ne sont pas sans effet sur les mouvements eux-mêmes. Dans cette logique, Extinction Rebellion, outre-Manche, a fait le choix en décembre 2022 d'arrêter (temporairement) les actions disruptives pour créer un mouvement plus large et populaire, sentant le vent tourner face à un gouvernement et des médias conservateurs de plus en plus hostiles.

L'impopularité des mouvements écologistes serait autant liée à des modes d'action jugés trop radicaux qu'au profil sociologique particulier des militants, plutôt très diplômés, urbains et jeunes, et régulièrement qualifiés de ce fait de «bobos» pour les disqualifier. Les résultats de la première vague du Baromètre écologie environnement, collectés en décembre 2023, viennent pourtant nuancer ce rejet des mouvements écologistes et de leurs méthodes.

Des modes d'action soutenus au-delà des idées reçues

Il ressort d'abord de cette enquête un taux de soutien élevé pour le répertoire d'action des mouvements écologistes. Sans surprise, cependant, c'est la manifestation, c'est-à-dire le mode d'action le moins perturbateur, qui arrive en tête avec 74% des enquêtés qui la tro...
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