Faut-il bannir les téléphones portables des collèges ? Ce qu’en dit la science

L'Express - 15/04
Séverine Erhel, chercheuse en psychologie cognitive, a analysé la littérature scientifique qui tente de répondre à cette épineuse question.

Dans une interview donnée le 7 avril lors de l’émission Questions politiques, diffusée sur France Inter, la ministre de l’Education nationale Nicole Belloubet a déclaré que : "L’impact [des] réseaux sociaux pour les jeunes est absolument catastrophique". Elle a ensuite mentionné la possibilité d’une "pause numérique" visant à interdire l’utilisation des smartphones dans les collèges.

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La raison qui motive cette demande est la lutte contre les violences en ligne entre les adolescents. En 2018, l’Assemblée nationale avait déjà voté l’interdiction des téléphones portables dans les écoles et les collèges. Mais cette mesure n’a finalement pas été accompagnée du succès escompté. Une des raisons est qu’elle cible principalement l’usage des téléphones dans les activités d’enseignement, mais pas spécifiquement la possession d’un mobile.

Les violences en ligne ne s’arrêtent pas aux portes des collèges

Selon la ministre de l’Education nationale, une interdiction des smartphones dans l’enceinte des collèges éviterait les situations de violence entre adolescents, et en particulier le cyberharcèlement. Mais est-ce une bonne raison d’interdire les portables dans les collèges ?

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Le cyberharcèlement se définit comme un comportement agressif intentionnel, répété, avec une inégalité de pouvoir entre les auteurs et les victimes et utilisant la technologie électronique comme support. Il se distingue notamment par la possibilité d’une intimidation constante, un degré d’anonymat des agresseurs et l’exposition à un public plus large conduisant à un embarras plus grand des victimes. A travers cette définition, on comprend aisément que le cyberharcèlement ne se limite pas au temps scolaire, il peut aussi intervenir le soir en dehors de l’établissement et les week-ends. Cette interdiction n’aurait donc qu’un effet limité sur ce point.

Autre problème de cette proposition, elle élude complètement le fait que le cyberharcèlement chez les adolescents est associé avec des formes de harcè...
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