Grégoire Borst : "On ne peut pas opposer temps d’écran et temps de lecture"

L'Express - 14/04
Grégoire Borst, membre de la commission "écrans" nommée par Emmanuel Macron, présente les défis d’une régulation chez les plus jeunes, qui ne tiendra pas en une solution miracle.

Leur rapport, commandé en janvier, devait tomber à la mi-avril. Il aura finalement quelques semaines de retard. "On y travaille encore, on mène toujours des auditions", indique dans un entretien à L’Express Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives et directeur de laboratoire au CNRS, l’un des 12 membres de la commission "écrans" nommée par Emmanuel Macron en début d’année. Cette dernière doit proposer à l’exécutif des solutions pour limiter l’exposition excessive des jeunes aux écrans, tels que les téléphones, tablettes et la télévision, qui pourraient être néfastes pour leur développement cognitif. L’actualité récente alimente cette réflexion, à l’image de la "pause numérique" pour les collégiens évoquée par la ministre de l’Education nationale, Nicole Belloubet, ou encore le projet de loi visant à interdire l’utilisation des écrans chez les professionnels de la petite enfance, déposé par deux députés Les Républicains. Ces idées peuvent-elles être des débuts de réponse au problème ? Entretien.

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L’Express : Existe-t-il une solution miracle afin de limiter le temps d’écran des plus jeunes ? Les propositions se multiplient tous azimuts, de la crèche au collège…

Grégoire Borst : Les dispositifs de sensibilisation vont dans le bon sens. Il s’agit, il me semble, de l’esprit de la proposition de loi se focalisant sur les professionnels de la petite enfance. Ceci pour qu’ils comprennent, notamment en raison de potentiels effets de "technoférence", qu’il faut faire attention lors d’une interaction avec un enfant de moins de 3 ans de ne pas utiliser soi-même un portable. C’est important, parce que, dans les premiers temps de la construction du langage, de la reconnaissance des émotions, on a besoin de se regarder. C’est donc cohérent avec une partie des mécanismes qui pourraient produire les effets délétères des écrans observés sur les enfants très jeunes. Chez les ados, qui sont plus dans l’utilisation via des écrans per...
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