Le printemps a à peine pointé le bout de son nez qu'il semble déjà urgent de commencer à réfléchir à une question capitale. Si vous avez la chance de partir en vacances durant l'été 2024, quels livres allez-vous embarquer dans votre valise? La sélection ci-dessous est remplie de suggestions cinq étoiles: du thriller, de la dystopie, de l'intime, des personnes géniales et des gens horribles. Et à chaque fois, beaucoup, beaucoup, beaucoup d'émotions.
Dans cette sélection très francophone, on trouve aussi deux excellents romans américains, ainsi que les deux premiers septièmes d'une saga danoise. Nul doute que la précédente sélection, bien plus cosmopolite, pourra aussi vous donner quelques idées de lecture pour accompagner vos prochaines séances de chaise longue ou vos après-midi en terrasse.
«Je repense à Roach. Elle est bien du genre à se mêler de ce qui ne la regarde pas. Avec ses cheveux gras, sa sale tronche. J'adore les serial killers. Elle serait capable de me demander des détails croustillants avec une curiosité de voyeuriste, ça ne fait aucun doute. Je me demande si elle a déjà été confrontée à la réalité de la mort.»
D'un côté, Roach, libraire fascinée par le true crime et désireuse de se tenir loin des normies, ces personnes ordinaires qui avancent en troupeau et ne méritent que son mépris. De l'autre, Laura, nouvelle collègue entretenant des rapports plus sains et moins torturés avec l'existence –du moins en apparence. Alice Slater, dont la carrière est faite de librairies et de true crime, a visiblement puisé dans sa propre expérience pour composer cet affrontement psychologique entre ses deux héroïnes.
Cette histoire de fascination en milieu professionnel est jubilatoire à plus d'un titre. La librairie et ses coulisses constituent un décor rêvé: on retrouve en quelque sorte le plaisir éprouvé face aux héros de Haute fidélité de Nick Hornby lorsqu'ils s'écharpent à propos de leurs goûts musicaux et de la meilleure façon de gérer un commerce culturel. Quant au face à face entre Roach et Laura, il est plein de saveur, alternant les deux points de vue pour mieux épingler les travers de chacune –et débusquer leurs cadavres dans le placard.
Savoureux à chaque instant, le roman d'Alice Slater fait progressivement monter la mayonnaise. Mort d'une libraire se mue en effet en un thriller oppressant mais toujours fun, ce qui ne l'empêche pas de poser quelques questions de fond. Parmi elles: que penser de l'obsession d'une partie de la population pour les tueurs en série? Que dit-elle de notre psyché, de notre rapport à l'empathie, à la douleur et au deuil? Intelligent et addictif, le livre alimente le débat avec un brio salvateur.
«Ça fait deux semaines que le père de la gosse est mort, l'école séchée sans avoir à fournir de mot d'excuse, le boulot, c'est plus compliqué. C'est que le code du travail n'a pas vraiment prévu les cas comme le mien. J'ai vérifié sur internet. Le “congé pour décès” ...
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