Je consacre mon activité quotidienne à vos excrétions corporelles depuis près de deux décennies. Je récupère, dans les égouts, les eaux usées de milliers de gens avant de les envoyer en urgence au laboratoire afin de les analyser pour y détecter des produits chimiques toxiques, des agents pathogènes humains et des biomarqueurs d'expositions nocives. Nous luttons à la fois contre l'épidémie d'opioïdes et le Covid-19. Nous avons ainsi généré les premiers tableaux de bord électroniques en libre accès au monde, consignant la prévalence du coronavirus et de la consommation d'opioïdes au niveau des quartiers, ce qui permet en définitive d'éclairer les actions de santé publique.
Nos résultats se comptent en centaines de blagues scatologiques, en milliers de publications et en millions de vies améliorées. Je me suis même rendu au Capitole à Washington pour m'entretenir avec des parlementaires américains et leur présenter des connaissances sur la chimie et la biologie circulant sous nos pieds dans les égouts. Il y a aussi eu des résultats concrets: les informations recueillies ont contribué à l'interdiction fédérale, en 2017, des produits chimiques antimicrobiens dangereux présents dans plus de 2.000 produits cosmétiques vendus aux États-Unis.
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Mais il y a toujours ces questions que nous devons sans cesse nous poser: quelles sont les informations qu'il est acceptable de collecter? Combien de déchets humains doivent être mélangés pour que les données que nous collectons soient anonymes? À qui a...
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