Il a dirigé d'une main de fer Chuck Norris et Steven Seagal dans Sale temps pour un flic et Nico, relancé la carrière de Tommy Lee Jones dans l'un des meilleurs blockbusters des années 1990 (Le Fugitif), sorti Seagal du pétrin avec le triomphe de Piège en haute mer… Bref : Andrew Davis, 77 ans, peut se targuer d'avoir laissé sa petite griffe à lui dans le gros cinéma d'action américain du temps de sa splendeur. Les malabars, ça le connaît, lui qui a grandi dans certains quartiers chauds du South Side de Chicago… Mais, à bien y regarder de plus près, les thrillers musclés de ce passionné de photographie ont tous un petit zeste de conscience sociale qui les tire du tout-venant.
À juste titre considéré comme un humble maître du genre, Andrew Davis est l'invité d'honneur de la 4e édition de Reims Polar (successeur du défunt Festival international du film policier de Beaune), qui lui rend hommage à travers trois de ses plus éminentes réussites : Piège en haute mer, Le Fugitif et Meurtre parfait. L'occasion idéale de rencontrer l'imposant bonhomme à la voix douce, à jamais associé à sa bonne ville de Chicago, qu'il a si souvent utilisée en toile de fond de ses intrigues.
Presque davantage encore que ses films, l'itinéraire paradoxal d'Andrew Davis intrigue : président du club photo de la South Chicago YMCA dès l'âge de 8 ans puis projectionniste dans son école, il fut profondément marqué à l'adolescence par les mouvements des droits civiques et la guerre du Vietnam. Diplômé de journalisme en 1968, ex-présentateur de JT sur une chaîne locale, il a dévié vers le reportage puis la pub, avant de devenir l'assistant du légendaire chef opérateur Haskell Wexler (Qui a peur de Virginia Woolf ?, Dans la chaleur de la nuit, L'Affaire Thomas Crown, Conversation secrète… okay !).
À l'aube du Nouvel Hollywood, son mentor va le présenter à plusieurs grands noms d'un certain cinéma réaliste américain – Hal Ashby, Sidney Lumet, Norman Jewison, William Friedkin… – et lui insuffler le goût du passage à la mise en scène. Après avoir été lui-même directeur de la photographie sur quelques films de blaxploitation, Andrew Davis se lance dans la mise en scène avec Stony Island, chronique de l'ascension d'u...
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