«Le Salaire de la peur», un remake qui n'a rien sous le capot

Jean-Marc Proust - Slate FR - 11/04
Franck Gastambide, Ana Girardot et Alban Lenoir forment le trio de choc de ce «malaise de la peur» sur Netflix. Si l'on excepte la nitroglycérine et un sein, le film n'a pas grand-chose à voir avec l'original.

Un bon film doit vous prendre à la gorge d'emblée. Pari réussi pour Julien Leclercq qui, dès les premiers instants, éclabousse l'écran du capot avant d'un SUV siglé Toyota. On en aura d'autres, des écussons: Mitsubishi, Ford Ranger, MAN pour les camions. Il y a aussi un quad et une moto. Ça donne envie d'aller au salon de l'auto.

Pas le temps de souffler. Nous sommes dans un pays africain indéterminé où il y a eu un coup d'État. Clara (Ana Girardot) et Djibril (Bakary Diombera) roulent à tombeau ouvert. Des autochtones les poursuivent en les mitraillant. Comme il y a «3.000 vaccins dans le coffre», pas question de s'arrêter. Vraiment des tarés, ces antivax.

Fred (Franck Gastambide) leur vient en aide. Les autochtones méchants rebroussent chemin. Des autochtones gentils les poursuivent à cheval. J'ai pas bien compris pourquoi ils roulaient en canasson. Peut-être une référence à Lawrence d'Arabie? Un placement de produit, genre lasagnes Spanghero? Qui sait?

Quoi qu'il en soit, l'odeur de la poudre ou du crottin, c'est drôlement érotique. Clara et Fred tirent brièvement un coup. Entre eux, il n'y a pas de sentiments, «on baise, c'est tout». Il halète, elle halète, il sent bon le sable chaud, mon missionnaire. Depuis Le Camion de Marguerite Duras (1977), aucun film de routiers n'avait proposé une entrée en matière aussi tonitruante.

Liberté, virilité, fraternité

En bon réalisateur, Julien Leclercq s'autorise une pause romantique. Un panoramique vertical faç...
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