Les virus perdraient de leur virulence avec le temps... Qu'en est-il de cette « vision » partagée et espérée par nombre d'individus ? Réponse avec les explications de deux chercheurs, auteurs de cet article, qui suivent l'évolution du SARS-CoV-2.
Vous aimez nos Actualités ?Inscrivez-vous à la lettre d'information La quotidienne pour recevoir nos toutes dernières Actualités une fois par jour.Article de Samuel Alizon, directeur de Recherche au CNRS, Institut de recherche pour le développement (IRD) et Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses, laboratoire Mivegec, université de Montpellier, publié dans The Conversation le 5 septembre 2021.
Depuis le début de la pandémie de Covid-19, des avis bien arrêtés sont régulièrement émis sur l'évolution de la virulence du SARS-CoV-2. Pour beaucoup, elle devrait forcément diminuer puisque « de tous temps » virus, bactéries et autres parasites auraient perdu de leur virulence en s'adaptant à leurs hôtes.
Malheureusement, cette « intuition » ne résiste pas à l'analyse, car elle nécessite de voir le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), le bacille de la tuberculose, l'hématozoaire du paludisme ou encore la grippe comme des exceptions. En fait, on a beau chercher, difficile de trouver des « parasites » (pour utiliser un terme de biologie de l'évolution) qui se conforment à cet axiome, baptisé « loi de la virulence décroissante » au début du XXème siècle.
Pourquoi alors cette vision persiste-t-elle ? Que nous apprennent les découvertes récentes de la biologie de l'évolution à propos de la virulence ? Et à quoi s'attendre dans le cas du SARS-CoV-2 ?
La logique qui sous-tend la théorie d'une évolution systématique des parasites vers un état dénué de virulence (avirulent) est d'une simplicité enfantine : pour le parasite, tuer son hôte c'est tuer ...
[Courte citation de 8% de l'article original]