Trafics, fausses ordonnances... L'inquiétant détournement de l'antidiabétique Ozempic

L'Express - 01/04
Ce médicament, déjà rare, est pris d’assaut en raison de sa capacité à faire perdre du poids. Les malades, eux, ont du mal à y accéder.

La folie Ozempic n’est pas près de s’arrêter. Commercialisé dans de nombreux pays dont la France depuis 2019, ce médicament prescrit contre le diabète de type 2 continue de faire face à des ruptures de stock. "Nous vivons une pénurie depuis plusieurs mois, des patients qui en ont besoin ne trouvent plus de cette classe de médicaments et leur diabète s’aggrave", déplore le professeur Fabrizio Andreelli, endocrinologue à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière (AP-HP, Paris).

Publicité

De fait, les tensions sont telles que depuis la fin de l’année dernière, les médecins ne peuvent plus commencer de nouveaux traitements par Ozempic pour les patients souffrant de diabète de type 2. Une situation dont les autorités estiment qu’elle devrait perdurer au moins jusqu’au mois de juin, selon nos informations. "L’idée était de garder les produits disponibles pour les personnes déjà sous traitement. Mais pour l’instant, nos patients doivent bien souvent se rendre dans plusieurs pharmacies. Certains combinent deux injections pour arriver à la dose prescrite et une minorité réduisent transitoirement leurs doses, le temps que leur pharmacie soit approvisionnée", constate aussi le Dr Muriel Coupaye, endocrinologue à l'hôpital Louis-Mourier à Colombes.

LIRE AUSSI : Demain tous minces ? Enquête sur la révolution des médicaments anti-obésité

La principale explication à ces difficultés d’approvisionnement est à chercher du côté de l’explosion de la demande mondiale et des capacités de production encore insuffisantes des industriels. Mais des personnes non diabétiques désirant profiter du pouvoir amaigrissant de cette molécule tentent de s’en procurer à tout prix, quitte à utiliser de fausses ordonnances. Ce qui peut aussi accroître les tensions.

Le principe actif de l’Ozempic, le sémaglutide, imite ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...