Les hommes politiques mâchent ou écrasent des mots pour gagner leur vie, et la virtuosité avec laquelle ils déforment les significations en font des artistes en quelque sorte. Leur capacité à déformer les faits compte comme un exercice de fiction : dans le jargon politique, un « récit » est un scénario qui déforme la vérité à des fins partisanes. Carlos Lozada, ancien critique du Washington Post et aujourd'hui chroniqueur au New York Times, se spécialise dans la dépouillement de ces mensonges professionnels. Analysant des discours venteux, des mémoires écrites par des fantômes et des rapports de comités anonymes, les essais de son livre exposent les présidents américains, les membres du Congrès et les juges de la Cour suprême comme des narrateurs peu fiables, des trompeurs invétérés qui se trahissent par des lapsus verbaux imprudents.
Lozada a l’œil aiguisé d’un critique littéraire et une oreille attentive qui va avec. Il s’appuie ainsi sur une remarque fort...
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