Le Royaume-Uni est pris au piège d’un cycle de troubles politiques, sociaux et financiers. Mais il existe une issue…

Will Hutton - TheGuardian - 31/03
Le règne pernicieux des conservateurs, défini par une croyance toxique dans l’auto-organisation des marchés, a mis la Grande-Bretagne à genoux. Mais nous avons maintenant l'opportunité de changer les choses
Illustration de Steven Gregor.
Afficher l'image en plein écran
Illustration de Steven Gregor.

Le Royaume-Uni est pris au piège d’un cycle de troubles politiques, sociaux et financiers. Mais il existe une issue…

Le règne pernicieux des conservateurs, défini par une croyance toxique dans l’auto-organisation des marchés, a mis la Grande-Bretagne à genoux. Mais nous avons désormais l’opportunité de renverser la situation – en réimaginant le Royaume-Uni comme une société du « nous » plutôt que du « je ».

S’il existe un consensus dans notre débat national par ailleurs fracturé et toxique, c’est que nous ne pouvons pas continuer ainsi. Notre économie est en crise, illustrée par un déficit annuel de 100 milliards de livres sterling d’investissements publics et privés, qui doit être comblé de manière décisive pour que la Grande-Bretagne puisse sortir du triple coup dur actuel de la stagnation de la croissance, de la productivité et du niveau de vie. La société est sous le choc des lacunes alarmantes dans la fourniture de services publics essentiels et de l’injustice béante dans la répartition des revenus, des richesses et des opportunités. Notre démocratie et notre État semblent incapables de reconnaître toute l’étendue de ces déformations, et encore moins d’y répondre de manière adéquate. Notre réputation internationale s’est effondrée à une époque de péril géopolitique. Une réponse transformatrice est un impératif. Mon nouveau livre, This Time No Mistakes: How to Remake Britain, tente d’aborder les origines de cette crise interdépendante – et propose une issue réalisable. Rien n'est immuable. Nous sommes les agents de notre propre destin.

Le cœur du problème réside dans une idée fausse sur le fonctionnement du capitalisme et de la société. Le capitalisme doit être géré et réglementé pour œuvrer au bien commun, tout comme la société doit être organisée pour offrir équité et opportunités à tous. Fondamentalement, la vitalité des deux est interdépendante. Le capitalisme doit être organisé de manière à fournir des échelles économiques que chaque individu peut gravir, tandis qu'un contrat social doit offrir un plancher en dessous duquel il ne peut pas tomber. Le problème de la Grande-Bretagne est que le parti conservateur, au pouvoir pendant presque 13 des 45 dernières années, n’accepte pas ces vérités et ces interdépendances. Pire encore, même si c’était le cas, ni la culture et les pratiques dominantes de notre capitalisme, ni la structure de notre démocratie, de notre État et de nos médias n’auraient facilité l’élaboration des réponses nécessaires.

L’idéologie conservatrice est sous l’emprise de la proposition contraire selon laquelle les marchés s’auto-organiseront pour produire les meilleurs résultats économiques et sociaux, propulsés par l’énergie et l’ambition individuelles seules. L’État britannique confère un pouvoir quasi-continu et illimité aux conservateurs et, selon eux, aucune réforme n’est donc nécessaire. Pourtant, la réalité est que les rythmes incontrôlés du capitalisme créent de l’instabilité, des inégalités et des monopoles et doivent donc être gérés et contrecarrés. On ne peut pas non plus compter sur le capitalisme pour organiser au mieux la manière dont les entreprises sont gouvernées et les responsabilités de propriété s’acquittent ; comment les travailleurs sont correctement formés et payés ; ou pour garantir que les relations équitables constituent la norme entre les entreprises et leurs clients. Il faut entrer dans l'État, bien mieux conçu qu'actuellement.

Le Royaume-Uni est dos au mur à un degré sans précédent dans son histoire en temps de paix, confronté à des problèmes économiqu...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...