«J'attendais beaucoup de l'intervention de Stromae au JT [sur TF1 en 2022, ndlr]. Sauf que quand il s'est arrêté de parler et que la musique a envahi l'espace dans une flagrante scénarisation, j'ai largement déchanté.» Thibault, patient partenaire atteint de troubles psy, se montre pour le moins critique sur les témoignages de célébrités concernant leur santé mentale. «Ça n'était au final ni plus ni moins qu'une opération de com' autour de la sortie de son album. Et surtout, j'ai craint les conséquences. Car cela crée une attente envers les personnes qui vivent avec des troubles psy: elles devraient faire le show, sublimer leur trouble, montrer quelque chose de joyeux. Sauf que moi, je n'ai pas de talent particulier et que je ne vis pas ma meilleure vie.»
Alors que beaucoup se réjouissent d'une libération de la parole face à une stigmatisation tenace des maladies mentales, la question de la place des célébrités se pose. De Selena Gomez à Lady Gaga en passant par Robbie Williams, Benoît Poelvoorde ou encore Naomi Osaka et Sylvain Augier, nombreuses sont les personnalités à s'être, en effet, confiées sur leurs troubles psychologiques au cours des dernières années, à avoir «osé lever le tabou», pour reprendre l'expression consacrée.
Mais ces témoignages, souvent largement mis en scène, sont-ils réellement bénéfiques? Aident-ils les personnes concernées? Participent-ils à lutter contre une psychophobie qui imprègne tous les aspects de la société, du travail à la santé en passant par les médias? Alors même que le thème de la santé mentale est devenu tendance et qu'il s'étale de podcasts en émissions de télé et en campagnes de publicité, rien n'est moins sûr.
D'abord, il convient de situer le discours. Qui donne la parole? Qui parle? Dans quel cadr...
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