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Existe-t-il encore une île déserte?
Pierre Nepveu - Le Devoir -
23/03
Dans «Les grandes marées», Jacques Poulin brandit le mythe de l’île idyllique pour mieux le déconstruire.
Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des oeuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec, en collaboration avec Le Devoir.
« Au commencement, il était seul dans l’île » : la première phrase du roman de Jacques Poulin, Les grandes marées, paru pour la première fois en 1978, est aussi simple que riche en mystères et en puissance mythique. L’inconnu qui se profile d’entrée de jeu est-il un nouveau Robinson Crusoé voué à une existence autarcique après avoir fait naufrage sur une île déserte ? Nous apprendrons vite qu’il n’en est rien. Cet antihéros désigné seulement par le « nom de code » de Teddy Bear, traducteur de bandes dessinées au journal Le Soleil de Québec, a plutôt obtenu de son riche patron la chance de s’établir seul dans l’île Madame, située non loin de l’île d’Orléans et inhabitée depuis la retraite de son vieux gardien.
Peu de gens voudraient revivre aujourd’hui l’expérience de Robinson Crusoé, encore que les expériences, courtes et encadrées, de survivance en territoire isolé (on pense à Survivor Québec) connaissent une popularité médiatique ou se pratiquent volontiers chez des groupe... [Courte citation de 8% de l'article original]
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