Levons le tabou: en prison aussi, le VIH circule

Laure Dasinieres - Slate FR - 22/03
Le Sidaction qui a lieu ce week-end du 22 au 24 mars est l'occasion de rappeler que la prévention et la réduction des risques liées aux VIH et aux hépatites virales doivent aussi se faire dans les lieux de détention.

«Il y a une épidémie cachée de VIH et d'hépatites en prison», lâche Ridha Nouiouat, responsable de la thématique «milieu pénitentiaire» au sein de l'association Sidaction. De fait, selon les derniers chiffres disponibles et datant de 2010, la prévalence du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et des hépatites virales (notamment le virus de l'hépatite C ou VHC) est six à dix fois plus importante en prison qu'à l'extérieur.

«Le millier carcéral a du mal avec la transparence des données», déplore Prune Missoffe, responsable analyses et plaidoyer à l'Observatoire international des prisons - section française. Plus d'une décennie après la parution de ces données, entre défaut de dépistage, absence de politique de réduction des risques et de prévention, ainsi que déni autour de la consommation de drogues et des relations sexuelles, tout porte à croire que la situation ne s'est pas améliorée.

Des politiques de dépistage insuffisantes

Commençons par la question du dépistage, indispensable pour mettre en place, en cas de test positif, un traitement antirétroviral qui rend le virus indétectable et intransmissible («I = I»). En prison, seul le dépistage de la tuberculose est obligatoire pour les arrivants. Les autres, dont celui du VIH, sont simplement proposés et ne peuvent être réalisés sans le consentement des détenus.

Or, dans un rapport paru en juin 2020, le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) estimait qu'environ la moitié des entrants en détention bénéficiaient d'un dépistage effectif de cette affection. Non seulement ce dépistage n'est pas toujours proposé, mais aussi «le choc carcéral n'est propice ni a...
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