En recherchant une législation autorisant l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale (FRT) dans le maintien de l’ordre, l’Irlande risque d’introduire une technologie dont les preuves scientifiques ont démontré qu’elle est inefficace, intrinsèquement imparfaite, opaque et discriminatoire. Les défenseurs des droits et des libertés civiles du monde entier ont formé des coalitions pour mettre en garde contre ses dangers. Si l’Irlande va de l’avant avec cette technologie controversée, ce n’est qu’une question de temps avant que le pays ne se retrouve dans une nouvelle presse internationale prudente.
L’idée d’apprendre à un ordinateur à reconnaître un visage est une émanation de la recherche sur la vision par ordinateur, avec la première proposition notable – les visages propres – avancée en 1991 par Matthew Turk. Les premières versions étaient pratiquement inutiles. Financées par l’agence de défense américaine Darpa et alimentées par la crainte des États-Unis d’être vaincues par l’Union soviétique, les techniques de vision par ordinateur se sont améliorées au fil du temps. L’idée d’utiliser FRT pour surveiller le public a fait son chemin.
Les premiers essais sur des foules ont eu lieu lors des matchs du Super Bowl aux États-Unis. Les signaux d’alarme techniques, juridiques et éthiques étaient évidents et l’enthousiasme pour la technologie s’est évanoui suite aux interventions de groupes tels que l’American Civil Liberties Union. Mais un regain d’intérêt pour le FRT s’est accru après le 11 septembre.
Le gouvernement a annoncé pour la première fois son intention d'utiliser le FRT par An Garda Síochána en mai 2022. Mais cela s'est heurté à un mur d'opposition de la part d'experts des universités irlandaises et de 13 ONG, dont le Conseil irlandais pour les libertés civiles (ICCL) et les droits num...
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