Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°925, daté mars 2024.
À quelques encablures de la Belgique, Julien Job possède une ferme semblable à toutes celles des environs de Maubeuge (Nord), à un détail près : son cheptel. Composé de 80 dromadaires et chameaux, ce troupeau exotique détonne dans le paysage verdoyant. Il va pourtant falloir s'y habituer, comme le suggère l'Organisation des Nations unies, qui a consacré 2024 année des camélidés.
L'engouement pour le lait de chamelle est désormais patent. Le marché mondial, évalué en 2019 à 10 milliards de dollars (environ 9,3 milliards d'euros) devrait dépasser les 18 milliards (environ 16,7 milliards d'euros) à l'horizon 2027, soit une croissance de 6,8 % par an. Si l'Arabie saoudite reste le premier marché mondial avec une consommation de 33 litres par habitant et par an, la croissance sur la période devrait se déplacer en Occident, notamment en Amérique du Nord.
L'Europe n'est pas en reste : l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont les marchés les plus dynamiques, les achats se faisant le plus souvent par Internet. L'implantation de fermes laitières en France pourrait donc connaître un bel essor, favorisé par le réchauffement climatique. C'est que dans un élevage bédouin (c'est-à-dire dans un pays aride en élevage extensif), il faut neuf fois moins d'eau pour faire un litre de lait que dans un élevage bovin intensif. Et son goût n'est pas si éloigné de celui du lait de vache ou de brebis, quoiqu'un peu plus salé.
La Camelerie, à p...
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