La meilleure comparaison est celle de Joseph Staline, qui a dominé l’Union soviétique depuis la mort de Lénine en 1924 jusqu’à sa propre mort en 1953. Mais Staline n’a exercé son autorité exclusive qu’après avoir éliminé ses rivaux du Politburo ; sa dictature débuta réellement en 1929 et dura 24 ans.
On peut donc dire que Poutine a déjà égalé le record d’autocrate de Staline. Mais il a pris une pause dans la présidence de 2008 à 2012, exerçant un mandat de Premier ministre, tandis que son fidèle acolyte Dmitri Medvedev lui gardait le siège au Kremlin au chaud.
En un quart de siècle, Poutine n’a jamais débattu avec un véritable candidat de l’opposition ni permis des élections libres et équitables selon les normes internationales. Le seul candidat sérieux contre la guerre, Boris Nadejdine, a été banni le mois dernier par la commission électorale contrôlée par le Kremlin, après que sa campagne ait pris un élan inattendu. La présidente de la commission, Ella Pamfilova, a rejeté la « démocratie à l’occidentale » comme étant inférieure à la version russe.
Même les trois opposants nominaux de Poutine souscrivent en pratique au slogan du parti au pouvoir Russie Unie : « Si ce n’est pas Poutine, alors qui ? Ils n’ont pratiquement pas fait campagne et la plupart des Russes ne savent rien d’eux.
Apparemment, Leonard Slutsky du parti ultranationaliste Libéral-Démocrate, Vladislav Davankov du parti Nouveau Peuple et le communiste Nikolai Kharitonov diffèrent dans leurs politiques. Mais ils sont tous triés sur le volet par Poutine pour jouer leur rôle dans un sinistre simulacre de démocratie. Lorsque Steve Rosenberg de la BBC a interviewé Kharitonov, il a exprimé son soutien à Poutine.
Afin de prouver leur loyauté, les électeurs des régions occupées d’Ukraine ont été « visités » chez eux. Une vidéo diffusée par Mikhaïl Khodorkovski, ex-oligarque et chef de l'opposition en exil, montre une femme de 98 ans en train de voter. Derrière elle, un garde brandit sa Kalachnikov.
L’atmosphère de menace qui entoure les élections russes est illustrée par une étrange publicité télévisée de propagande conçue pour encourager les électeurs à se rendre aux urnes. On y voit une femme enceinte interrogeant son mari sur sa journée tout en coupant des légumes. Lorsqu’il avoue qu’il n’a pas pris la peine de voter, la publicité se transforme brusquement en film d’horreur, avec des lumières vacillantes et une musique sinistre, alors qu’elle s’approche de lui avec un couteau de cuisine.
Puis elle le harangue : « Voulez-vous laisser notre enfant sans allocations de maternité ? Et nous laisser sans hypothèque familiale ? Et où comptiez-vous trouver de l’argent pour votre entreprise ? Vo...
[Courte citation de 8% de l'article original]