Dans un monde qui change, au niveau climatique, mais aussi géopolitique, l'agriculture doit faire face à de multiples défis : s'adapter aux conditions météo qui bouleversent son fonctionnement et pouvoir continuer à nourrir le peuple tout en restant compétitive au niveau mondial. Et dans le paysage agricole actuel, c'est la Russie qui semble tirer son épingle du jeu. Comment la France peut-elle continuer à produire et à nourrir sa population ? Entretien avec Serge Zaka, agroclimatologue qui travaille en ce moment sur le sujet avec le Ministère de l'Agriculture.

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    Le réchauffement climatique est en train de modifier le paysage agricole français et européen en profondeur. Certaines espèces végétales vont progressivement disparaître de nos régions, alors que d'autres vont arriver. Certains pays arrivent déjà à tirer profit de cette évolution, tandis que d'autres traversent une grave crise agricole et économique. L'agroclimatologue Serge Zaka a récemment mis en ligne deux animations qui montrent ce à quoi l'Europe va devoir se préparer, qu'elle le veuille ou non : l'évolution de la répartition de deux cultures, le sojasoja et le maïsmaïs, jusqu'en 2100.

    Le scientifique travaille sur la biogéographie des cultures, il a récupéré les données brutes d'une étude sur le sujet effectuée par la FAOFAO (l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) pour ensuite réaliser ses propres cartographies. « L'évolution vers le nord des cultures est essentiellement lié à un facteur climatique, la hausse des températures et les précipitations prévues. L'évolution des températures vers le haut augmente la duréedurée de cultivabilité de certaines espèces comme le maïs, le soja, l'orge, le blé, les pommes de terre vers le nord ». L'aire de répartitionaire de répartition des cultures va faire disparaître certaines espèces de France, tout en permettant à d'autres d'arriver : « de nouvelles cultures arrivent par le sud, comme l'olive, la figuefigue, la figue de barbarie, la manguemangue, l'avocatavocat, les agrumes, le sorgho ».

    La Russie tire profit de l'évolution climatique actuelle

    Or, l'agroclimatologue fait deux constats inquiétants actuellement : d'un côté, le fait que certaines grandes nations très puissantes, comme la Russie, vont largement profiter de cette évolution climatique, et d'un autre côté, le fait que la France traîne à adapter son agriculture, alors que la situation est urgente. « On découvre de nouvelles terresterres agricoles au nord de l'Europe, donc le potentiel de surface devient très important. La fontefonte du pergélisolpergélisol (permafrostpermafrost) permet d'avoir de nouvelles terres agricoles. Ces terres vont être exploitées par la Russie qui ne se souciera pas de l'impact de ses pratiques agricoles sur le changement climatique », explique Serge Zaka.    

    De plus, « la Russie a désormais beaucoup de restrictions de la part de ses voisins européens. Elle doit donc retrouver...
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