Junts a voté contre la loi d'amnistie lors de la session plénière du Congrès. Leurs sept votes, ainsi que ceux du PP, de Vox, de la Coalition Canarienne et de l'UPN, arrêtent net le processus parlementaire de la norme sur laquelle doit pivoter la stabilité du gouvernement de Pedro Sánchez. Nous sommes le 30 janvier et le visage du président assis sur le banc bleu de la Chambre en dit long. Après plusieurs mois de négociations à la limite, de prises de risques et d'épuisement politique pour faire avancer la loi, le PSOE reçoit ce revers comme un véritable claquement de porte de Carles Puigdemont qui laisse le Parlement dans une impasse.
Sánchez, avec un geste de circonstance, traverse le couloir et évite les questions de la presse. Avant de quitter le Congrès, il a une brève conversation avec son équipe la plus proche. Sa colère est évidente. Il ne veut plus supporter d'humiliation après des semaines au cours desquelles le mouvement indépendantiste catalan a démontré l'influence de ses sept députés pour tordre le bras du gouvernement lors de votes parlementaires poussés à l'extrême.
L'ordre du président est que les négociations s'arrêtent net pendant quelques jours et que les canaux de communication établis entre socialistes et indépendantistes depuis la nuit du 23 juillet restent également gelés. A la Moncloa, ils sont convaincus d'être allés aussi loin que possible dans ces négociations. Et aussi d'avoir été assez généreux pour recevoir une autre réponse et un autre traitement de la part de leurs interlocuteurs.
Santos Cerdán, secrétaire d'organisation du PSOE et principal négociateur avec Junts, fait part par téléphone de ce profond malaise à son interlocuteur habituel, Jordi Turull, secrétaire général...
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