Après une stupéfiante rentrée de janvier, les sorties de romans ont continué à aller bon train –il paraît que cela ne s'arrête jamais. Pour cette nouvelle sélection, on part en Nouvelle-Zélande, en Ouganda, au Danemark, au Sri Lanka, en Serbie, sans oublier un roman français déstabilisant, la réédition d'un désormais classique du polar américain, et la brillante incursion romanesque d'une poétesse britannique de grand talent.
«Est-ce une preuve de ma force ou de ma stupidité? Les mensonges que j'ai racontés pour arriver jusqu'ici, les blessures que m'ont infligées les autres, rien de tout cela ne compte à cet instant. Tout ce qui importe, c'est ce souffle, ces pieds l'un devant l'autre. Rien d'autre n'existe que la foulée suivante. Ni le futur, ni le passé. Seulement cette inspiration, cette expiration, le battement sans fin du cœur.»
Un jour, comme Forrest Gump en son temps, Mickey Bloom a eu envie de se mettre à courir. Compensant sa petite taille par une sacrée dose de détermination, cette ado devient rapidement l'un des plus grands espoirs de l'athlétisme néo-zélandais. Dans ce roman aussi addictif que peut l'être la pratique de la course de fond, Josie Shapiro alterne entre le récit, kilomètre après kilomètre, d'un marathon disputé par Mickey adulte, et la description de son parcours de jeune femme et d'athlète. Le résultat est absolument haletant.
Avait-on déjà retranscrit aussi précisément les émotions –parfois contradictoires mais toujours intenses– procurées par la course? Qu'elle décrive l'état d'euphorie qui s'empare de son héroïne ou qu'elle réfléchisse à l'intrication paradoxale entre douleur et plaisir, Josie Shapiro tombe toujours juste. La description de la montée en puissance de Mickey est un régal de lecture, tout comme celle des premières déconvenues. L'autrice ne cesse de souligner l'importance des rencontres, heureuses ou malheureuses, et donc la nécessité de savoir –bien– s'entourer. Pour réussir sa carrière d'athlète comme pour avancer dans la vie.
Dans À perdre haleine (Everything is Beautiful and Everything Hurts en version originale), l'obsession de la performance revêt une dimension politique, intime, existentielle. Car Mickey a beau être une coureuse de fond, elle est avant tout une femme, qui devra composer avec le paternalisme ambiant, les tentatives extérieures de contrôler son ...
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